Ni académique ni avant-gardiste, l’art naïf se situe en marge de tous les courants artistiques majeurs des 19e et 20e siècles. En effet, l’aventure de l’art naïf commence avec le douanier Rousseau qui comme la plupart des artistes de ce courant ne possède pas de connaissances artistiques, que ce soient théoriques ou pratiques. Mais le problème c’est que ces personnes voulaient faire de l’art, alors ils en ont fait sans se poser de questions. Le résultat c’est une production kitsch défiant entre autres toutes les lois de la perspective… mais également du bon goût !
En ce sens des artistes se démarquent très nettement et sont bien plus kitsch que le douanier Rousseau. Je pense en premier lieu à Mady de la Giraudière, une femme très douée dans son style et qui connait un succès international, sous l’appellation de son art dit primitif et non naïf. Mais bon cela est juste une question de définition et personnellement, on pourra classer Mady de la Giraudière dans n’importe lequel des courants artistiques du 20e siècle, elle restera pour moi un emblème du kitsch et de son introduction dans l’art. Voici deux de ces œuvres plutôt représentatives de son travail :


Que dire de plus que ces mots que j’ai lu sur son site « Les tableaux de Mady sont un monceau de précieuses paillettes qui font appel à tous nos sens avec une magie toute personnelle. » C’est bien ce que je disais, des paillettes, de la magie… du kitsch quoi !
Un autre artiste vraiment impressionnant dans ce style est Bernard Vercruyce. Il a été découvert par Anatole Jakovsky, critique d’art, qui a également fait émerger Mady de la Giraudière. Quel grand homme cet Anatole, on ne saurait trop le remercier !
Revenons à Bernard Vercruyce, qui pour sa part est un artiste animalier, et plus particulièrement de chats, voici deux exemples de son œuvre :


Un chat à l’allure fière qui pose accompagné de ses petits sur fond de campagne perdue, et au sommet de son art, la personnification de chats musiciens entourés de fleurs et d’un oiseau de très mauvais goût. J’aimerais pouvoir entendre la musique qui ressort de ce trio kitschissime, c’est ça la puissance de l’art.
Et comme chacun le sait sans maîtrise la puissance n’est rien, celui qui a bien compris cela c’est Raymond Isidore, dit Picassiette. Toujours dans le mouvement art naïf, cet homme s’est consacré à l’architecture, pour peu que l’on puisse qualifier son œuvre d’architecturale. Encore un qui n’a pas lu le traité d’architecture de Vitruve… mais plus que des mots, laissons place à une image :

Bon voila un aperçu de son œuvre intitulée la maison Picassiette, située à Chartres qui est principalement constituée de mosaïques de verre et de faïence, le tout coulées dans du ciment, merveilleux. On pourra noter que selon wikipédia «Il ne connaîtra sa vie durant qu’incompréhension et moqueries.», pas si étonnant que ça me direz vous.
On pourrait continuer l’article encore et encore jusqu’à épuisement de toutes les ressources kitsch qu’ils existent dans l’art, notamment en art contemporain, mais cela n’est pas le but. Je vais donc conclure cet article en laissant place à, pour le coup, un vrai artiste, qui n’est autre que Salvador Dali et son splendide téléphone-homard datant de 1936 :

Inspiré de la taxidermie, un thème qu’il me faudra évoquer dans un prochain article, on a du mal à saisir le rapport entre un homard et un téléphone et encore moins l’association des deux. Ce qui est je pense un des aspects les plus récurrents du Kitsch, c’est bien cette part dédié à l’illogisme, que l’on a pu voir dans les quelques œuvres de cet article, le tout associé à un manque cruel d’esthétisme. Mais au final, cela me fait vaciller entre consternation et fascination !













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