CinémaWeekly Monstrorama

Weekly Monstrorama #49

Autant je ne suis pas fumeur, autant il faut admettre que devant les films de Ray Harryhausen (tout du moins, ceux pour lesquels il crée des monstres), cyclope, ça fait du bien ! Dans la catégorie film fantastico-péplumo-monstrueux, The 7th Voyage of Sinbad (Nathan Juran, 1958) pose clairement ses attributs sur la table pour les faire admirer à toute l’assistance. C’est bien simple, pour ma part, c’est avec Jason and the Argonauts (Don Chaffey, 1963), l’un des films que j’ai le plus regardé alors que je n’étais qu’un petit garçon avide de bêbêtes voraces et monstres de tous poils (et plumes aussi remarquez). Près de soixante ans après sa mise en boîte, le film est toujours aussi charmant et les quelques défauts de rythme inhérents aux bobines pré-70’s n’entachent pas son visionnage. Allez moussaillons, on embarque dans le Bagdad antique, rempli de génies, d’oiseaux géants à deux têtes et d’histoire de princesses ensorcelées…

C’est un film qui parle de quoi ?
Il faut d’abord savoir que ce film est la premier d’une saga de trois films commandés par Columbia. Ainsi, cette aventure marque le début d’un cycle, hop ! Sortiront donc en 1974, The Golden Voyage of Sinbad et en 1977Sinbad and the Eye of the Tiger (tou, tou tou tou). Dans ce premier chapitre, le brave Sinbad revient dans sa cité de Bagdad avec à son bras la princesse Parisa, synonyme de paix entre son peuple et celui de la donzelle. D’une pierre, trois coups, puisqu’en plus de devenir le héros de sa ville, il évitera une guerre et se tapera la fille. Sur le chemin du retour, notre aventurier fait une petite escale pique-nique sur l’île de Colossa et y rencontre le sorcier Sokurah aux prises avec un méchant cyclope qui vient de lui voler sa lampe magique. Arrivées à Bagdad, tout le monde est à la fête sauf ce pauvre Sokurah qui ne supporte pas d’être séparé de son précieux. Il fera alors tout pour aller récupérer sa babiole et se venger de la créature chapardeuse. Œil pour œil, comme on dit… Il n’hésitera pas à user de la plus vile des bassesses pour arriver à ses fins mais qui peut vraiment être surpris des agissement malsains d’une sorcier chauve rencontré sur une île rempli de monstres géants ?

weekly-monstrorama-1958-ray-harryhausen-sinbad-cyclope-top

C’est quoi le monstre de la semaine ?
Le monstre de la semaine est un cyclope géant, le genre à voler des objets pour les entreposer dans une grotte et ne dormir que d’un œil pour empêcher tout risque de cambriolage. Étrangement, ça ne fonctionne pas trop… Dans tous les cas, pas la peine d’ouvrir une encyclopédie pour voir un cyclope pédant.

Il fait quoi ce monstre ?
Après avoir chipé la lampe du vieux magicien, le monstre ne fait pas grand chose, avouons-le. Il reste sur son île, peinard, la corne au vent, les sabots dans le sable. Lorsque Sinbad et sa bande viennent récupérer l’objet volé, la bête voit cette intrusion d’un mauvais œil et se décidera à remuer un peu le derrière, agitera les bras pour combattre ces petits emmerdeurs enturbannés et commencera même à en faire cuire un à la broche. Cyclope seulement, mais il met le paquet !

Pourquoi ce monstre est cool ?
Alors que dans ce genre de films, pas mal de monstres servent uniquement de folie visuelle, de cerise sur le pompon, notre cyclope possède ici un vrai rôle à part entière. Il représente le grand méchant de cette île fantastique. Jusque là habitué aux bêtes préhistoriques, aux tentacules géants ou autres aliens insectoïdes, Ray Harryhausen nous propose ici un monstre tout beau tout neuf dans un style étincelant et avec une animation dont la fluidité reste encore aujourd’hui incroyablement efficace. Pour beaucoup, cette vilaine bête reste la summum du talent de Harryhausen, tout du moins son monstre le plus charismatique, celui qui marqua a jamais les esprits de beaucoup de cinéphiles. Vous l’aurez compris, ce monstre a un rôle très important. De là à dire que le cyclope porte le film sur son dos, il n’y a qu’un pas que je ne franchirais pas, car je déteste ces saletés rampantes.

Qui a fait ça ?
Sans aucune surprise et parce que je vous en parle depuis dix minutes, cette bestiole nous vient tout droit de l’imagination débordante de ce bon vieux Ray Harryhausen (dont j’avais déjà parlé en évoquant Jason et les Argonautes, je vous invite une nouvelle fois à vous procurez le documentaire Ray Harryhausen : Special Effects Titan réalisé par Gilles Penso). On y apprend beaucoup de détails sur ses techniques, ses idées, sa manière de travailler, et toutes ces choses ultra-intéressantes que je serais ici uniquement capable de paraphraser maladroitement. Sans détour et sans aucune fioriture, je finirais tout de même sur une citation du grand Jean-Pierre Putters qui me semble conclure parfaitement ce petit texte : « Si mère nyctalope, cyclope, n*que ta mère ! ».

weekly-monstrorama-1958-ray-harryhausen-sinbad-cyclope-01

Œil unique mais regard intense.

weekly-monstrorama-1958-ray-harryhausen-sinbad-cyclope-02

Sur la plage abandonnée, coquillages et crustacés…et cyclope géant.

weekly-monstrorama-1958-ray-harryhausen-sinbad-cyclope-03

Non ce n’est pas un pantalon d’époque en velours à poils longs mais bien ses jambes. Hey dis, t’as pas moyen de trouver un gros rasoir pour nous épiler tout ça ?

weekly-monstrorama-1958-ray-harryhausen-sinbad-cyclope-04

Cyclope, arrête de chiper…

weekly-monstrorama-1958-ray-harryhausen-sinbad-cyclope-05

Attention les gars, je vous ai à l’œil !

weekly-monstrorama-1958-ray-harryhausen-sinbad-cyclope-06

Oh ! Les mains !

weekly-monstrorama-1958-ray-harryhausen-sinbad-cyclope-07

Le cyclope vient de vous gauler, allez directement en prison, ne passez pas par la case départ, ne touchez pas 20 000 dirams.

weekly-monstrorama-1958-ray-harryhausen-sinbad-cyclope-08

Euh, monsieur, y’a un grand type chelou qui nous guette à travers le trou de la grotte…

weekly-monstrorama-1958-ray-harryhausen-sinbad-cyclope-09

Le choc des titans

 cyclops ray harryhausen the 7th voyage of sinbadcyclops ray harryhausen the 7th voyage of sinbad nathan jurancyclops ray harryhausen the 7th voyage of sinbad nathan jurancyclops tv art ray harryhausen

Article précédent

Broderie par Valeria Molinari

Article suivant

Collages par Joe Yorty

Mighty Matt

Publié par Mighty Matt

Vous ne me croiserez que dans une salle obscure, derrière une manette, baguettes dans les mains à frapper des fûts qui ne m'ont rien fait, raclette dans les mains à encrer du papier ou dans les froides montagnes.